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Au delà de gérer la salle du Polygone étoilé et d'y accueillir les programmes de nombreuses associations, les auteurs du collectif Film flamme mettent en commun leurs moyens et leur énergie pour créer et produire hors capital(e). Les éditions commune et Film flamme s'associent pour explorer ce cinéma-là avec des livres… Lancée en avril 2011 avec deux livres/DVD : le premier autour du cinéma de Jean-François Neplaz, fondateur de Film flamme, le second autour du dernier film de Aaron Nikolaus Sievers, Flacky & camarades (ou le cheval de fer). Deux numéros sont en chantier et paraîtront en 2012, le numéro 3 autour du film "Je t'ai dans la peau" de Jean-Pierre Thorn et avec les archives d'Achille Chiappe, qui fut son assistant-réalisateur, et le numéro 4 autour de l'œuvre de Marc Scialom. Vous pouvez trouver ces ouvrages :
à
Marseille
dans le Nord-Pas-de-Calais
à Paris
et toujours sur commande en écrivant : editionscommune@free.fr
Numéro 2 Flacky & camarades, Le CINÉMA TIRÉ DU NOIR DE AARON SIEVERS Textes de Aaron Sievers, Jean Duflot, Marc-Henri Piault, Christian Hottin, Jean-François Neplaz, Marie-Jo Aiassa, Kiyé Simon Luang. Textes extraits du film : André Flament, Roger Moreels, Ignace Flaczynski. Format 13x18, 144 pages (16 pages couleur, 128 pages noir et blanc, 42 images, DVD encarté du film Flacky & camarades ou le cheval de fer (103 mn) avec court métrage La leçon de cinéma de Pierre Gurgand (11 mn), prix 25 €
"à la fin des années soixante-dix, Pierre Gurgand,
réalisateur, alors conseiller technique et pédagogique auprès de l’Institut National d’éducation Populaire, avait déplacé les stages
cinématographiques et photographiques dans les corons, au cœur du peuple, entre Lens, Sallaumines et Liévin. C’était la fin des mines, le lent démantèlement de l’industrie lourde, une page de
l’histoire ouvrière se tournait. Nous nous sommes retrouvés, longtemps plus tard, dans un même « faire » cinématographique. Les outils étaient là, au
Polygone étoilé. Nous avons commencé à revoir et écouter, ensemble, les trente heures d’images et les deux cents heures de sons enregistrés par son équipe et par les stagiaires au cours de ces
années passées en Pays Minier. En 2003, au lendemain du décès de Pierre, tenant promesse et m’entourant de complices,
je me suis mis à la table de montage pour me confronter à cette matière monumentale. Il s’agissait tout d’abord d’extraire la parole des mineurs, d’extraire leur mémoire et de la remonter à
la lumière. La fragilité des images inversibles 16 mm, mais aussi la réelle présence des stagiaires, perceptible dans la matière filmée, par les mouvements, leurs tremblements, les temps de
prises de vue et leur rythme, m’ont conduit à conserver la durée initiale des plans et à réaliser un montage cut, sans coupes. La fragilité
des images, entre surexposition, flous et filages, fait surgir l’humain comme une apparition". Aaron Sievers
Aaron Sievers ouvre le livre bien sûr, qui nous dit ses choix esthétiques (et par conséquent, politiques). On lira ensuite un texte de Jean Duflot, critique et scénariste, qui en 2005 au tout début du travail, donne à voir la dimension collective de Flacky, depuis les filmages de Pierre Gurgand jusqu’au film d’aujourd’hui. Marc-Henri Piault, cinéaste et anthropologue, inscrit le film dans le mouvement plus général de l’anthropologie visuelle, où il interroge la relation critique entre filmés et filmeurs, et le passage d’une relation de domination à une relation de partage dans la construction de l’image. Christian Hottin, conservateur du patrimoine attaché à la direction générale du patrimoine du ministère de la culture, explore sa valeur patrimoniale, dans ses dimensions archivistique et immatérielle. Marie-Jo Aiassa nous précise les matières de ce « fonds minier » qu’elle a constitué avec Pierre Gurgand et Gilles Brunet, et nous laisse entendre le rêve d’émancipation que portaient les ateliers mis en place par l’Institut National d’Education Populaire. Jean-François Neplaz, lui, trace les filiations, de ces ateliers du Nord à ceux qui sont menés à Marseille avec les habitants de la Joliette ou du Panier par le collectif Film flamme, producteur de Flacky. Et chemin faisant, déplace la question de la valeur artistique de ces productions-là. Enfin, Kiyé Simon Luang, cinéaste, nous emmène sur le chemin du prochain film de Aaron Sievers.
Aaron Sievers est réalisateur, monteur, chef opérateur et conseiller technique des Ateliers Cinématographiques Film flamme.
Pierre Gurgand, conseiller technique et pédagogique cinéma auprès de l’Institut National d’Education Populaire, est réalisateur. Il a lancé les unités cinéma des Maisons de la Culture de Martinique et de Polynésie ainsi que les ateliers de Création du Nord-Minier et du Poitou.
Numéro 1 LA REMONTÉE DU TEMPS DE JEAN-FRANÇOIS
NEPLAZ
Ouvrage collectif : Frédéric Valabrègue, J.-F. Neplaz, Paul-Emmanuel Odin et Rodolphe Olcèse à propos de 4 courts métrages (L’autre matin... en attendant Mario Rigoni Stern 2006, 13’ | Tu, un film
polonais 1991, 13’ |
Ante Inferno 1987, 11’ | Champ profond 1979, 12’) Format 13x18, 96 pages noir et blanc, dessins, 3 images
couleurs, 10 NB, DVD du film encarté, prix 20 €
Trois auteurs parcourent cette spirale du temps proposée par J.-F. Neplaz (cinéaste et cofondateur de Film flamme et du Polygone étoilé) et font lecture des
films qui fondent l'ouvrage. Lectures autant contradictoires parfois, que complémentaires dans leurs perceptions et analyses. Depuis l'enracinement sombre et « l'emprise au sol » du
cinéaste relevés par Frédéric Valabrègue (écrivain et enseignant aux beaux-arts de Marseille), ou l'élancement qu'y joue la figure de l'arbre, écologie politique et physiologique
scrutée par Paul-Emmanuel Odin (artiste, directeur artistique à la Compagnie, critique), jusqu'à l'hypothèse des éclats de lumière qui font vibrer la sensibilité spiritualiste de
Rodolphe Olcèse (cinéaste et critique de cinéma), c'est la complexité interprétative d'une œuvre qui se révèle. Une œuvre alors dont le rapport à la guerre civile agit sur la
matière humaine comme un soc de charrue travaille la terre, en retourne et met à nue l'entraille. Et c’est une mise à nue aussi que propose J.-F. Neplaz. Son texte suit deux
chemins entrelacés : un premier récit retrace la genèse de ces 4 films et constitue un descriptif du processus de création de chacun d’eux. Parallèlement, dans un second mouvement, l’auteur
porte une réflexion sur le geste cinématographique et interroge de manière critique son analyse chez des théoriciens comme Jacques Rancière et Giorgio Agamben à travers le geste politique et
poétique de Jean-Luc Godard. Une réflexion qui déporte l’attention de l’analyse sur le rôle du son et celui de l’improvisation.
J.-F. Neplaz est diplômé de l’Institut des Hautes études Cinématographiques (IDHEC, devenue la FEMIS) en 1979 (prise de vue et réalisation). Dernier film : Alpini, sorti en 2010, sa filmographie est en ligne sur le site du Polygone étoilé. Il est également producteur, il a dirigé la restauration de Lettre à la prison de Marc Scialom, film retrouvé, tourné entre Marseille et Tunis au cours des années 1969-1970, dont la sortie en salle en décembre 2009 a reçu un accueil critique élogieux. Il a également accompagné la production de Flacky & camarades ou Le cheval de fer de Aaron Sievers. Entretien avec le cinéaste, "Nos Libertés", à écouter sur le site des amis de Dérives.
Numéro 0 QUE DIRE ? Textes des auteurs de Film flamme. La publication a paru au moment où les films du collectif sont
sélectionnés (et primés !) par les plus grands festivals internationaux alors que leur réalisation est peu soutenue… Auteurs : Kiyé Simon Luang et Jean-François Neplaz | Avril 2010 | Format : 13x18cm, 40 pages, 4 ill. NB. L'ouvrage est vendu au prix de
3 euros sans DVD ou de 15 euros avec DVD "tirage limité" (4 courts métrages de Aaron Sievers | Jean-François Neplaz | Caroline Delaporte | Raphaëlle Paupert-Borne
"Pendant plusieurs années, nous avons travaillé sans chercher à faire savoir. Au temps du grand communicant c’est mort subite… Ou peut-être pas. Si t’exposes pas, tu prêtes pas
le flanc. C’est comme une brume qui jette le trouble sur la visée… Manque de courage disent certains qui sont les premiers à tirer. Sourire… Passé du «Que faire?» au «Que dire?» dans un
glissement de siècle.
Les mots font sature, boursoufle, avance sur recette, scénario, météo de la veille, pilule du lendemain, sondage et
analyse… Comme en temps de guerre, mesure et contre-mesure, signal et brouillage. Les films viennent après, dont on sait tout quand ils arrivent. Et en vérité c’est vrai, souvent on en sait
tout. C’est pas la moindre des surprises que ces images et sons qui tiennent en quelques mots. Sous le règne de l’image, on parle pour voir. Même le son qui s’affiche graphe. ça se voit sur
l’écran que le son n’est pas assez, ou trop… On n’en croit pas nos oreilles, visiblement…
Les mots font boucan. Les bouquins se font désirer. Sur notre chemin, un rien pensé… Il y a quelques balises. Et des
compagnons. Convoqués au gré des coups de chien pour venir à la manœuvre, tourner le bout qui va bien, «empanner la table à carte»… Boire en équipage.
On en pose là, aujourd’hui dans cette publication, de ces moments du passé. Pas vraiment fondateurs, pas vraiment
manifestes. Ils sont venus plutôt dans le tombé du geste. L’ami qui pose une question, le verre cogne sur la table… Et on raconte un peu. On se livre…"
J.-F. Neplaz