Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 19:55

Un livre de Martine Derain, réalisé avec les artistes de La Source du Lion

Le parc de l’Hermitage est un petit territoire: 18 hectares, propriété de la Ville, l’un des rares espaces verts de la capitale économique du Maroc, qui compte plus de 5 millions d’habitants. Il jouxte les quartiers populaires de Nouvelle Medina, Derb Foqara ou El-Miter Bouchentouf, haut lieu de la résistance contre les Français et contre le régime de Hassan II. Créé sous le protectorat français, abandonné et devenu décharge publique, le parc est depuis le début de l’année 2002 un objet de passions: des citoyens, des artistes, des hommes politiques se sont mobilisés. Ils ont lancé un processus de restauration, qui s’inscrit dans le cadre plus général de la réhabilitation du patrimoine casablancais (et de ce qu’il était alors convenu d’appeler l’émergence de la société civile au Maroc).

Le récit commence en 1999, lorsque des citoyens associés à des artistes attirent le regard des autorités: Abdellah Zaâzâa, ancien militant de l’extrême gauche marocaine, et Eymeric Bernard, cinéaste, produisent ensemble des petits films documentaires et organisent des projections dans le parc et dans le quartier. En 2002, la Source du Lion, association d’artistes plasticiens, conçoit une intervention : la construction collective d’une maquette du parc au 100ème, qui montre l’Hermitage dans son état réel, appropriations de l’espace public et ordures comprises… Exposée à la Villa des Arts en mai 2003, l’un des seuls lieux d’art contemporain de la ville, elle sera selon le souhait de ses auteurs un élément déclencheur de la réhabilitation: c’est le jour du vernissage que M. M’Hamed Dryef, wali du Grand Casablanca, déclarera publiquement ouvert le chantier «réel» du parc.

Deux semaines plus tard, les milliers de tonnes d’ordures sont évacuées. Pendant les deux années qui suivirent, les interventions des artistes, l’attention des responsables politiques et le soutien des habitants du quartier ont donné lieu à une expérience singulière, où ont été mises en forme des modalités d’actions et d’interactions qui ne peuvent être qu’inventées ici, où l’on souhaite préserver l’existant, s’appuyer sur les savoir-faire de chacun… J’ai choisi d’arrêter mon récit à la veille de la réhabilitation «lourde» du parc, lorsque le maire vient en personne présenter aux habitants le plan d’aménagement conçu avec les artistes.

Ce livre est né d’une invitation qui m’a été faite par la Source du Lion lors du workshop réunissant des artistes marocains et européens, organisé autour de l’exposition de la maquette. Chacun était invité à proposer une intervention. J’ai choisi de réaliser ce livre de poche pour interroger et transmettre cette expérience — mais toutes les questions soulevées ici résonnent avec celles que je peux me poser dans mon propre travail. Je travaille ici les matériaux que j’affectionne : paroles, informations, photographies, documents… J’ai choisi de porter attention au presque rien, aux petits gestes – mais qui ont tous été des éléments déclencheurs essentiels. Je fais la part belle aux images qui ne sont pas ou ne seront plus montrées, telles les photographies prises au cours du repérage nécessaire à la construction de la maquette. Les Editions Le Fennec, Casablanca, ont choisi d’éditer mon livre : c’est le premier numéro de leur toute nouvelle collection Poche Patrimoine. Un petit format, bon marché, aujourd’hui diffusé aussi bien en centre-ville que dans les petites librairies de quartier, un petit livre que j’aimais voir comme une invitation à la promenade sous les eucalyptus du parc… (et une invitation à l’action?)

Décembre 2008: les travaux de réhabilitation engagés par la mairie viennent de commencer. Arbres arrachés, tracés de lignes droites (plus de courbes ni de cachettes), quadrillage, alignement de plantations, ateliers des enfants détruits… Plutôt que de construire la forme possible d’un projet commun, c’est la tabula rasa, d’un désir, d’un processus, d’une recherche, qui se réalise. Sans doute réinterroge-t-elle les rapports conflictuels des artistes et du pouvoir ou le rapport de l’art à l’action, mais sans rien ôter de la puissance des gestes poétiques ni de l’expérience du monde qu’ils nous proposent.

Martine Derain, mai 2009


  • couvertureDisponible à Marseille
  • L'Odeur du Temps (35 rue Pavillon 13001)
  • Histoire de l'Œil (25 rue Fontange 13006)
    Librairie Orientale (13 rue Saint-Savournin 13005)
    Librairie de l'arbre (38 rue des 3 Mages 13006)

  • A Paris, Institut du Monde Arabe
  • (1, rue des Fossés Saint-Bernard, 75005)
  • Au Maroc, en librairies, auprès des Editions Le Fennec et de la Source du Lion - 113 avenue Mers Sultan - 20 000 Casablanca

 

 

Editions Le Fennec | Collection Poche Patrimoine | Casablanca, 2007
Format 12x17 cm, 256 pages, 103 ill. NB, 22 ill. couleur
Textes : français, anglais, arabe

Prix 2010 : 5 euros

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 20:15

petitehistoire«Le centre-ville est fréquenté quotidiennement par des milliers de Marseillais qui y vivent, y travaillent, y consomment. La diversité culturelle et sociale de ceux qui y habitent ou le traversent est une richesse pour notre ville. Or depuis plusieurs années, à travers de multiples procédures contraignantes, la municipalité a engagé une politique de réhabilitation dont l’effet principal est d’exclure du droit à vivre en centre-ville (au Panier, à Belsunce et Noailles notamment) les populations les plus pauvres et les plus fragiles… Tout en considérant comme indispensables des opérations permettant aux habitants de bénéficier d’un habitat décent et d’espaces publics dignes de ce nom, mais constatant les risques de dérives liés à une absence totale de transparence dans les opérations menées, un groupe de citoyens a créé l’association Un Centre-Ville Pour Tous…»

Voici les premières lignes de notre charte, écrite en octobre 2000. Qui d’entre nous aurait imaginé que nous serions – hélas ? – toujours là sept ans plus tard ! Ce sont ces années d’actions que nous avons eu le désir de transmettre, sans forfanterie mais sans fausse modestie. Certaines d’entre elles nous ont semblé exemplaires, non pas au sens seul de leur efficacité, mais parce qu’elles permettent de déplacer des lignes, de penser à contre-courant : non, les centres-villes ne sont pas réservés aux riches, les habitants actuels y sont légitimes et nous disposons d’outils et de lois, pour nous battre à leurs côtés. Sept ans plus tard, le contexte a évolué : nous n’avons plus seulement à lutter contre des marchands de sommeil ou les dérives de sociétés d’aménagement locales, mais contre des acteurs financiers internationaux, désormais associés aux processus de réhabilitation.

Ce texte est un travail collectif : la rédaction en a été proposée par un ami, les membres du Conseil d’administration l’ont précisée et nourrie. Que tous soient ici remerciés pour ce récit de nos batailles passées et actuelles. D’autres sont à venir, soyons nombreux à les mener !

Un Centre-Ville Pour Tous

Cité des associations, 93 la Canebière, 13001 Marseille
http://www.centrevillepourtous.asso.fr | info@centrevillepourtous.asso.fr
Imprimé en 1000 exemplaires | mai 2007 |  prix : 8 euros

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 15:52

Bonjour !

logoéditionsNB Bienvenue sur le blog des éditions commune, l'une des activités de commune, association d'artistes dédiée à la création pour l’espace public*. Les artistes de l’association entretiennent un rapport particulier à l’objet imprimé : le livre est parfois la création elle-même, parfois elle en garde seulement la trace ou en explore un fragment. Pas un terminus donc, mais un point de départ, une forme à part entière, pour ouvrir un espace critique et construire de nouveaux gestes poétiques.


Les éditions commune ont été créées en 2010 à l’occasion et pour la publication d’une recherche associant habitants, militants, artistes, chercheurs : le livre Attention à la fermeture des portes ! qui retrace et interroge la mobilisation des habitants de la rue de la République à Marseille face aux agissements d’un fonds d’investissement américain visant leur expulsion. Il s’agissait bien de rendre compte plus largement et à tous d’une recherche partagée. Ce premier ouvrage nous a donné le désir de poursuivre un travail d’édition, de «publicisation», au vrai sens du terme, d’expériences singulières et complexes liant art, urbanisme, recherche, travail… Chaque ouvrage est donc unique. Alors, si ligne éditoriale il y a, c'est donc ligne de vie ou de désir…


Plusieurs livres ont déjà paru :

• avec Christine Breton, historienne de l'art et conservateur du patrimoine, création de la collection Récits d'Hospitalité autour de sa recherche dans les quartiers nord de Marseille (Hôtel du Nord) ; le numéro 4, Sous l'étoile, vient de paraître, plusieurs présentations publiques sont en préparation, dont nous vous tiendrons informés…

• deux numéros de Cinéma hors capital(e) en association avec Film flamme : le premier autour de Jean-François Neplaz, une traversée de 4 courts métrages du cinéaste ; le second autour du dernier film de Aaron Sievers, Flacky et camarades ou le cheval de fer, long métrage documentaire d'archives tournées sous la direction de Pierre Gurgand, avec les mineurs du Nord à la fin des années 70 et monté en 2009. Deux numéros à paraître en 2012 : Je t'ai dans la peau de Jean-Pierre Thorn ; La parole perdue et retrouvée de Marc Scialom, auteur de Lettre à la prison. 


Nos livres sont disponibles dans les librairies, lieux d'art contemporain et cinémas cités (ainsi qu'à la FNAC pour Attention à la fermeture des portes !). Ils peuvent également être commandés en nous écrivant**.


Belle année à tous !

 

* L'association commune a été créée en 1996 à Marseille par Martine Derain. Photographe, artiste, elle conçoit et réalise des interventions éphémères ou pérennes pour l’espace public. Interventions et expositions sont visibles sur le site Documents d'artistes.  


** éditions commune - 36 rue de Tivoli - F 13005 Marseille - editionscommune@free.fr

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:39

Au delà de gérer la salle du Polygone étoilé et d'y accueillir les programmes de nombreuses associations, les auteurs du collectif Film flamme mettent en commun leurs moyens et leur énergie pour créer et produire hors capital(e). Les éditions commune et Film flamme s'associent pour explorer ce cinéma-là avec des livres… Lancée en avril 2011 avec deux livres/DVD : le premier autour du cinéma de Jean-François Neplaz, fondateur de Film flamme, le second autour du dernier film de Aaron Nikolaus Sievers, Flacky & camarades (ou le cheval de fer). Deux numéros sont en chantier et paraîtront en 2012, le numéro 3 autour du film "Je t'ai dans la peau" de Jean-Pierre Thorn et avec les archives d'Achille Chiappe, qui fut son assistant-réalisateur, et le numéro 4 autour de l'œuvre de Marc Scialom. Vous pouvez trouver ces ouvrages :

 

à Marseille

dans le Nord-Pas-de-Calais

 à Paris

  • Atelier d'à côté (3 rue Constant Berthaut 75020 Paris, Métro Jourdain - librairie.atelier@wanadoo.fr)
  • Cinémathèque française (51 rue de Bercy 75012 Paris, Métro Bercy) 
  • Ciné Reflet (14 rue Monsieur Le Prince 75006 Paris, Métro Odéon)

et toujours sur commande en écrivant : editionscommune@free.fr 

 

Numéro 2  Flacky & camarades, Le CINÉMA TIRÉ DU NOIR DE AARON SIEVERS Textes de Aaron Sievers, Jean Duflot, Marc-Henri Piault, Christian Hottin, Jean-François Neplaz, Marie-Jo Aiassa, Kiyé Simon Luang. Textes extraits du film : André Flament, Roger Moreels, Ignace Flaczynski. Format 13x18, 144 pages (16 pages couleur, 128 pages noir et blanc, 42 images, DVD encarté du film Flacky & camarades ou le cheval de fer  (103 mn) avec court métrage La leçon de cinéma de Pierre Gurgand  (11 mn), prix 25 €

 

couvFlackyweb la fin des années soixante-dix, Pierre Gurgand, réalisateur, alors conseiller technique et pédagogique auprès de l’Institut National d’éducation Populaire, avait déplacé les stages cinématographiques et photographiques dans les corons, au cœur du peuple, entre Lens, Sallaumines et Liévin. C’était la fin des mines, le lent démantèlement de l’industrie lourde, une page de l’histoire ouvrière se tournait. Nous nous sommes retrouvés, longtemps plus tard, dans un même « faire » cinématographique. Les outils étaient là, au Polygone étoilé. Nous avons commencé à revoir et écouter, ensemble, les trente heures d’images et les deux cents heures de sons enregistrés par son équipe et par les stagiaires au cours de ces années passées en Pays Minier. En 2003, au lendemain du décès de Pierre, tenant promesse et m’entourant de complices, je me suis mis à la table de montage pour me confronter à cette matière monumentale. Il s’agissait tout d’abord d’extraire la parole des mineurs, d’extraire leur mémoire et de la remonter à la lumière. La fragilité des images inversibles 16 mm, mais aussi la réelle présence des stagiaires, perceptible dans la matière filmée, par les mouvements, leurs tremblements, les temps de prises de vue et leur rythme, m’ont conduit à conserver la durée initiale des plans et à réaliser un montage cut, sans coupes. La fragilité des images, entre surexposition, flous et filages, fait surgir l’humain comme une apparition".  Aaron Sievers

 

Aaron Sievers ouvre le livre bien sûr, qui nous dit ses choix esthétiques (et par conséquent, politiques). On lira ensuite un texte de Jean Duflot, critique et scénariste, qui en 2005 au tout début du travail, donne à voir la dimension collective de Flacky, depuis les filmages de Pierre Gurgand jusqu’au film d’aujourd’hui. Marc-Henri Piault, cinéaste et anthropologue, inscrit le film dans le mouvement plus général de l’anthropologie visuelle, où il interroge la relation critique entre filmés et filmeurs, et le passage d’une relation de domination à une relation de partage dans la construction de l’image. Christian Hottin, conservateur du patrimoine attaché à la direction générale du patrimoine du ministère de la culture, explore sa valeur patrimoniale, dans ses dimensions archivistique et immatérielle. Marie-Jo Aiassa nous précise les matières de ce « fonds minier » qu’elle a constitué avec Pierre Gurgand et Gilles Brunet, et nous laisse entendre le rêve d’émancipation que portaient les ateliers mis en place par l’Institut National d’Education Populaire. Jean-François Neplaz, lui, trace les filiations, de ces ateliers du Nord à ceux qui sont menés à Marseille avec les habitants de la Joliette ou du Panier par le collectif Film flamme, producteur de Flacky. Et chemin faisant, déplace la question de la valeur artistique de ces productions-là. Enfin, Kiyé Simon Luang, cinéaste, nous emmène sur le chemin du prochain film de Aaron Sievers.

 

Aaron Sievers est réalisateur, monteur, chef opérateur et conseiller technique des Ateliers Cinématographiques Film flamme.

Pierre Gurgand, conseiller technique et pédagogique cinéma auprès de l’Institut National d’Education Populaire, est réalisateur. Il a lancé les unités cinéma des Maisons de la Culture de Martinique et de Polynésie ainsi que les ateliers de Création du Nord-Minier et du Poitou.

 


Numéro 1 LA REMONTÉE DU TEMPS DE JEAN-FRANÇOIS NEPLAZ
Ouvrage collectif : Frédéric Valabrègue, J.-F. Neplaz, Paul-Emmanuel Odin et Rodolphe Olcèse à propos de 4 courts métrage
s (L’autre matin... en attendant Mario Rigoni Stern 2006, 13’ | Tu, un film polonais 1991, 13’
| Ante Inferno 1987, 11’ | Champ profond 1979, 12’) Format 13x18, 96 pages noir et blanc, dessins, 3 images couleurs, 10 NB, DVD du film encarté, prix 20 €  

 

couvRemontéewebTrois auteurs parcourent cette spirale du temps proposée par J.-F. Neplaz (cinéaste et cofondateur de Film flamme et du Polygone étoilé) et font lecture des films qui fondent l'ouvrage. Lectures autant contradictoires parfois, que complémentaires dans leurs perceptions et analyses. Depuis l'enracinement sombre et « l'emprise au sol » du cinéaste relevés par Frédéric Valabrègue (écrivain et enseignant aux beaux-arts de Marseille), ou l'élancement qu'y joue la figure de l'arbre, écologie politique et physiologique scrutée par Paul-Emmanuel Odin (artiste, directeur artistique à la Compagnie, critique), jusqu'à l'hypothèse des éclats de lumière qui font vibrer la sensibilité spiritualiste de Rodolphe Olcèse (cinéaste et critique de cinéma), c'est la complexité interprétative d'une œuvre qui se révèle. Une œuvre alors dont le rapport à la guerre civile agit sur la matière humaine comme un soc de charrue travaille la terre, en retourne et met à nue l'entraille. Et c’est une mise à nue aussi que propose J.-F. Neplaz. Son texte suit deux chemins entrelacés : un premier récit retrace la genèse de ces 4 films et constitue un descriptif du processus de création de chacun d’eux. Parallèlement, dans un second mouvement, l’auteur porte une réflexion sur le geste cinématographique et interroge de manière critique son analyse chez des théoriciens comme Jacques Rancière et Giorgio Agamben à travers le geste politique et poétique de Jean-Luc Godard. Une réflexion qui déporte l’attention de l’analyse sur le rôle du son et celui de l’improvisation. 

 

J.-F. Neplaz est diplômé de l’Institut des Hautes études Cinématographiques (IDHEC, devenue la FEMIS) en 1979 (prise de vue et réalisation). Dernier film : Alpini, sorti en 2010, sa filmographie est en ligne sur le site du Polygone étoilé. Il est  également producteur,  il a dirigé la restauration de Lettre à la prison de Marc Scialom, film retrouvé, tourné entre Marseille et Tunis au cours des années 1969-1970, dont la sortie en salle en décembre 2009 a reçu un accueil critique élogieux. Il a également accompagné la production de Flacky & camarades ou Le cheval de fer de Aaron Sievers. Entretien avec le cinéaste, "Nos Libertés", à écouter sur le site des amis de Dérives.

 


 

Numéro 0 QUE DIRE ? Textes des auteurs de Film flamme. La publication a paru au moment où les films du collectif sont sélectionnés (et primés !) par les plus grands festivals internationaux alors que leur réalisation est peu soutenue… Auteurs : Kiyé Simon Luang et Jean-François Neplaz | Avril 2010 | Format : 13x18cm, 40 pages, 4 ill. NB. L'ouvrage est vendu au prix de 3 euros sans DVD ou de 15 euros avec DVD  "tirage limité" (4 courts métrages de Aaron Sievers | Jean-François Neplaz  | Caroline Delaporte | Raphaëlle Paupert-Borne

couvQuedirepromo-copie-1.jpg"Pendant plusieurs années, nous avons travaillé sans chercher à faire savoir. Au temps du grand communicant c’est mort subite… Ou peut-être pas. Si t’exposes pas, tu prêtes pas le flanc. C’est comme une brume qui jette le trouble sur la visée… Manque de courage disent certains qui sont les premiers à tirer. Sourire… Passé du «Que faire?» au «Que dire?» dans un glissement de siècle.

Les mots font sature, boursoufle, avance sur recette, scénario, météo de la veille, pilule du lendemain, sondage et analyse…  Comme en temps de guerre, mesure et contre-mesure, signal et brouillage. Les films viennent après, dont on sait tout quand ils arrivent. Et en vérité c’est vrai, souvent on en sait tout. C’est pas la moindre des surprises que ces images et sons qui tiennent en quelques mots. Sous le règne de l’image, on parle pour voir. Même le son qui s’affiche graphe. ça se voit sur l’écran que le son n’est pas assez, ou trop… On n’en croit pas nos oreilles, visiblement…
Les mots font boucan. Les bouquins se font désirer. Sur notre chemin, un rien pensé… Il y a quelques balises. Et des compagnons. Convoqués au gré des coups de chien pour venir à la manœuvre, tourner le bout qui va bien, «empanner la table à carte»… Boire en équipage.
On en pose là, aujourd’hui dans cette publication, de ces moments du passé. Pas vraiment fondateurs, pas vraiment manifestes. Ils sont venus plutôt dans le tombé du geste. L’ami qui pose une question, le verre cogne sur la table… Et on raconte un peu. On se livre…"

J.-F. Neplaz

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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 17:45

Les éditions commune apportent leur toute jeune (in)expérience à la Coopérative Hôtel du Nord par la publication des Récits d'hospitalité de Christine Breton, historienne et conservateur honoraire du patrimoine, récits qui renversent le point de vue sur la ville et prennent pour centre l’ensemble des quartiers septentrionaux. Ils viennent de sa longue expérience d'une mission expérimentale créée en 1995 sur le territoire du Grand Projet Urbain où elle a été nommée pour y appliquer les principes européens de patrimoine intégré (coordination et création de réseaux avec la société civile ; accompagnement des communautés patrimoniales ainsi créées ; recherches et suivi scientifique avec les habitants et les professionnels du patrimoine ; coordination avec l'autorité scientifique, le Conseil de l'Europe et diffusion des textes comme la convention de Faro ; coproduction d'événements et de balades patrimoniales…)


Le premier Récit, Au Ravin de la Viste, a paru en décembre 2010, son invité est Hervé Paraponaris ; le second, La Ville perchée, sorti en mai 2011, ouvre ses pages à Martine Derain et Zohra Adda Attou, autour d'un projet imaginé avec Dalila Mahdjoub à Plan d'Aou en 1997... Le troisième, Imagine un désert ! écrit en Palestine est sorti pour les Journées Européennes du Patrimoine en septembre 2011 (on y voit les photographies splendides offertes par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et celles de l'artiste invitée, Valérie Jouve). Deux numéros spéciaux (Faux-bourgs, 23 cartes postales de la photographe Yohanne Lamoulère) et Le Livre du Ruisseau, histoire du ruisseau des Aygalades, avec le groupement d'entreprises Arnavant, ont également paru pour ces Journées. Janvier 2012 : le n°4, Sous l'étoile vient de paraître...

 

Les Récits sont/seront disponibles dans toutes les chambres d’hôte, dans les librairies suivantes et bien sûr, sur commande en écrivant à editionscommune@free.fr 

 

   

N°4 SOUS L'ÉTOILE

Textes : Christine Breton. Format 15/16 cm, 96 pages.

Artiste invité : Giuseppe Caccavale. Prix : 10 euros

 

Depuis notre numéro 1, nous voyons se dessiner, dans la perte, des formes de “marseilles” : cette fois, c’est un oratoire médiéval qui disparaît. Cette petite construction, qui cristallise le temps et l’espace d’une communauté, n’apparaît que dans les textes : a-t-elle seulement existé ? Pourquoi faire construire de telles architectures ? Que se passe-t-il dans l’épaisseur de sept cents ans d’écrits? Peu de sources sûres pourront nous répondre ; en revanche, beaucoup d’hypothèses plausibles surgissent dans le rapport créé entre l’oratoire, signe du sacré, et le territoire du diocèse, étendue politique. Dans ce quatrième opus, l’écriture nous rencontre et nous balançons sans cesse entre la vérité, la fiction (et la vérité de la fiction !) et le mensonge suivi de son cortège de violences.

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N°3 : IMAGINE UN DÉSERT !

Textes : Christine Breton. Format 15/16 cm, 112 pages.

Illustrations et photographies : Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, Valérie Jouve…  Prix : 15 euros

 

"Quand la ville se développe sur un site qui a été une Solitude, un Désert, réservé au silence et au retrait du monde, les traces de cette confrontation contradictoire vivent dans le repli des mémoires des habitants. Du sommet aux piémonts de l’étoile qui dominent le nord de Marseille, les attitudes de la limite, vécues avant nous dans les Déserts, se transmettent et nous enseignent. Quel goût laissent-elles dans nos contraintes et rêveries urbaines actuelles ? Le troisième récit d’hospitalité se laisse embarquer dans les lointains marseillais et continue d’interroger les modèles importés qui fondent la ville d’aujourd’hui, de Sainte-Marthe à la Galline. Saurons-nous traverser la fureur de la scène et des personnages portés par l’esthétique du Désert ? En réponse à cette question, la photographe Valérie Jouve nous entraîne dans la plaine de Jéricho…"

 

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[7019] Béthanie, vue générale de l'Est/SudEst © EBAF

 

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Sans titre © Valérie Jouve

 

 

N°SPÉCIAL JOURNÉES DU PATRIMOINE 2011 : LE LIVRE DU RUISSEAU 

Textes : Christine Breton/Philippe Mioche/Arnavant ; 64 pages. Format 15/16 cm. Prix : 10 euros

 

"Il ne s’agit pas d’une simple zone d’activités avec des entreprises de services ; l’industrie y est encore présente par sa production mais aussi par ses traces historiques et archéologiques. On y trouve un lycée, un centre de formation, des CAT, une caserne de pompiers, un couvent, des cités ou encore des maisons construites en aluminium… La nature y a encore ses droits avec le parc Billoux, des jardins ouvriers ou ce ruisseau et sa cascade presque oubliée. […] Le groupement d’entrepreneurs d’Arnavant a demandé à Christine Breton, conservatrice du patrimoine, de dresser un portrait de ce territoire. Notre groupement soutient toutes les actions qui le valorisent : ce livre en est l’illustration et nous sommes heureux de l’offrir à celles et ceux qui prendront le temps d’y marcher lors des Journées Européennes du Patrimoine 2011."
Christophe Dewavrin, Vice-président d’Arnavant et pilote de la Commission culture.

 

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[Delta 11328], Dessin de J. Rozan, 1931, pour l'Usine Rocca-Tassy-de Roux (© Archives départementales)

 

 

N°SPÉCIAL FAUX-BOURGS 

Textes : Christine Breton ; 23 cartes postales de Yohanne Lamoulère. Format 15/16 cm. Prix : 10 euros

 

"Ici en jouant sur les mots, c’est la chambre, l’appareil de la photographie, qui accueille dans ce numéro spécial, publié lors des Journées Européennes du Patrimoine 2011. Son récit est visuel, il renoue avec la tradition marseillaise. En 1891, Dominique Piazza, né au quartier des Carmes, édite une série de cartes postales avec photographies intitulée « Souvenir de Marseille ». La photographie monumentalise le souvenir — à l’inverse, Yohanne Lamoulère réinterroge le souvenir monumental. Elle revient à la phrase du poète : « Le monument de Marseille, c’est son peuple » et invite à une écriture de voisinage".


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© Yohanne Lamoulère/Transit

Et l'une des premières cartes postales de Dominique Piazza (Merci encore aux Archives départementales !)

 

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 N°2 : LA VILLE PERCHÉE 

Textes : Christine Breton/Martine Derain & Zohra Adda Attou. Format 15/16 cm, 96 pages, 21 ill. couleur, 17 ill. noir et blanc. Illustrations et photographies : Christine Breton, Martine Derain, Dalila Mahdjoub, Abraham Poincheval, Giulio Vinaccia… Prix : 10 euros 

 

" Dans ce numéro 2, après les tunnels et les fonds du ravin de la Viste, l’histoire se poursuit, plus noire, même si elle prend appui sur les hauteurs de la ville perchée. Lentement, se dévoile une autre urbanité…"


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N°1 : AU RAVIN DE LA VISTE

[attention, ce numéro bientôt épuisé est réservé aux seuls souscripteurs ! sur demande, il est possible de vous envoyer un pdf)]  

Textes : Christine Breton/Hervé Paraponaris. Dessins : Hervé Paraponaris. Photographies : Christine Breton, Martine Derain, Florence Lipsky, Abraham Poincheval. Format 15/16 cm, 64 pages couleur. Prix : 10 euros

 

" Au lieu d’un lieu, un gouffre. Un bruit sans fond, sans forme. Le rythme cocaïné de l’autoroute sans cesse, sans trêve. Cœur emballé, frottement sans fin de l’épiderme rocheux. Il ne peut en jaillir qu’une étrangeté. Disparition des subtilités, de la tradition, des continuités. Rabotage des falaises abruptes, des silences, abris, désirs. Ratissage des siècles et du lieu.
— Reste l’os…"

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Montleiric et La Viste © Florence Lipsky

 

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La grotte © Abraham Poincheval

 

[La coopérative Hôtel du Nord œuvre pour la valorisation économique et culturelle des 15e et 16e arrondissements de Marseille ; ce sera notamment un réseau de 50 chambres, de 50 hôtes, et de 50 balades patrimoniales (objectif 2013). 15 chambres sont ouvertes à ce jour. La production de ces livres se devait d'inventer de nouvelles solutions économiques. Nous avons commencé sans subvention, en investissant notre travail. Les ventes ont permis de couvrir jusqu'à présent les coûts de fabrication des deux premiers numéros, et nous remercions tout particulièrement L'Odeur du Temps pour son appui indispensable. L’Association Arnavant, la Cité des Arts de la Rue, la Mairie du 15/16, le CAES du CNRS-Université de Provence et Marseille Provence 2013 ont apporté leur soutien par l’achat de dix exemplaires au moins. Il est également possible de souscrire à l’édition des Récits en écrivant aux éditions commune, chaque lecteur peut ainsi appuyer le processus Hôtel du Nord. Nous remercions de leur confiance nos premiers souscripteurs, l’Atelier d’architecture de la rue Kleber, Jean-Claude Gautier, Monique Guillot, Alain Moreau, Jean René, Daniel Carrière et la Marseillaise. À partir du numéro 3, nous publions avec l’aide du Conseil général des Bouches-du-Rhône et soutenus par la DRAC PACA et la DRJSCS PACA dans le cadre du programme Identités, Parcours & mémoire.]

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